10 août 2010

PJDA...voyage dans le passé de Kerguelen

Depuis la découverte de Kerguelen en 1772, la France cherche à tirer profit de ce territoire austral, connu comme étant l’île la plus isolée du globe. Les ressources minières n’y sont d’aucun intérêt, pas plus que le potentiel agricole.

C’est au début du XXe siècle que la France cède aux frères Bossière une autorisation d’exploitation de l’archipel. Ces deux français ne sont pas sans savoir que les eaux de Kerguelen regorgent de baleines. Et ils ne sont pas sans savoir non plus que l’huile qui en est extraite est très prisée pour l’éclairage urbain, notamment dans les grandes villes américaines. Il ne leur en faut pas plus pour tenter l’expérience.

1908. Le bateau à vapeur Jeanne d’Arc pénètre dans le Golf du Morbihan. A son bord, une centaine de norvégiens. Forts de l’expérience de la chasse à la baleine et de l’extraction de son huile, c’était tout naturellement que les frères Bossière s’étaient tournés eux.

Très rapidement, c’est un véritable village scandinave qui sort de terre. Les baraquements, la porcherie, la forge, les fourneaux et cuves diverses sont installés. L’exploitation de la baleine à Kerguelen peut commencer. Port Jeanne d’Arc est né.


la forge

Pendant une vingtaine d'années, l’usine va tourner à plein régime. Mais Kerguelen est loin, trop loin. Et l’absence de charbon, nécessaire pour le fonctionnement des fourneaux, impose de réguliers approvisionnements qui vont vite s’avérer trop coûteux pour la pérennité de l’exploitation. Ceci combiné à l'arrivée de l'électricité dans les grandes villes vont finir par avoir raison de Port Jeanne d'Arc. l'activité cesse en 1926.

Un nouveau chapitre commence alors. La Nature reprend ses droits et le vent se charge du démantèlement du site. Rapidement, les bardages s’envolent, les toitures s’arrachent et les murs s’effondrent. Les pontons et plans inclinés se dispersent en autant de morceaux de bois flotté dans l’ensemble du Golf. Le métal est rongé par le sel. Les cuves se renversent pour ne former plus qu’un amoncellement de ferraille. Petit à petit, Port Jeanne d’Arc disparaît.

Mais l’ancienne usine baleinière ne tombe pas dans l’oubli pour autant. Et ce n’est que récemment que les TAAFs ont décidé de classer le site « Patrimoine ». Port Jeanne d’Arc a ainsi pu bénéficier d’une cure de jeunesse pour trois de ses bâtiments et d’un pseudo nettoyage du périmètre.

Si le site reçoit la visite d’une petite poignée de touristes plusieurs fois par an, c’est aussi un site d’étude pour le Popchat. Et c’est dans ces circonstances que le L5 a déménagé à PJDA. En effet, il n’est plus question de cabane. Ici, la cuisine, le dortoir, la salle à manger et la salle de bain sont autant de pièces séparées. Pour tout dire, c’est un des anciens baraquements, aujourd’hui restauré, qui sert de logement. Ce n’est donc pas la place qui manque. Raison pour laquelle nous avons choisi PJDA pour passer du temps entre VATs loin de la base. Un peu comme des vacances studieuses entre amis...

de gauche à droite: Alexis, Clément, Lise, François, Léo, Pierrick et Matthieu

Dans l’ensemble, la météo n’aura pas été des plus clémentes…c’est encore l’hiver austral ! Nous avons quand même bénéficié d’une fenêtre pour partir randonner. Direction le Mont des Lichens depuis lequel s’ouvrait une vue superbe sur le massif Gallieni et les îles Gaby et Altazin.

I.Gaby et I.Altazin

Mont des Lichens

vue sur la Grande Terre depuis le Plateau du Vent

PJDA aura aussi été l’occasion de s’adonner aux sports d’hivers et à la luge !

Mais PJDA s’est avant tout un voyage dans le passé. Sensation inédite pour moi depuis mon arrivée à Kerguelen.

En effet, hormis la base de Port aux Français et les quelques cabanes, il n’y a que très peu de traces d’une présence humaine « directe » sur le territoire. Pas de routes et de poteaux électriques ; pas d’avions ou de panaches de fumée issus de nos usines ; des rivières primaires qui s’écoulent librement ;… Dans l’absolu, les paysages de Kerguelen se présentent à nous tels qu’ils se sont toujours présentés aux yeux d’un être humain, que l’on soit en 1772 ou en 2010. Et aussi étrange que cela puisse paraître, c’est dans un esprit de pionnier que l’on évolue à Kerguelen, sans ressentir le besoin de se rattacher à une époque précise.

Comme s’il ne suffisait pas d’être éloigné géographiquement, il faut en plus que je vous annonce qu’ici on est éloigné temporellement ! Et bien oui, tout compte fait, Kerguelen s’est un peu un voyage spatio-temporel !

Mais voilà qu’à Port Jeanne d’Arc, je me suis soudain senti rattrapé par le passé de l’archipel. J’ai été comme frappé par l’histoire qui émane du site. C’est comme si PJDA était encore habité. Au milieu de ces ruines, on ressent presque l’effervescence passée qu’il devait y avoir lorsque les bateaux revenaient avec leur funeste butin. Et je ne vous parle pas des soirs de vents ! La vue faisant défaut, l’imagination parle et se laisse guider par les bruits inquiétants venant de dehors ! PJDA, village fantôme.

ancienne chaloupe

Dans de telles circonstances, il est impossible de ne pas penser à ces hommes qui, parfois au prix de leur vie, ont fait l’histoire de Kerguelen. Bien entendu, je ne cautionne pas le massacre qui a eu lieu à PJDA. Mais dans le fond, qui suis-je pour juger ? Nous étions alors en 1908 et les ambitions de ces hommes étaient bien différentes de celles qui nous motivent aujourd’hui. Il en est de même pour leurs conditions de vie et je leur suis admiratif à bien des égards.

Et dire que je vous écris tout ça, le PC portable sur les genoux, confortablement installé sur mon lit de la cabane d’Australia. Le groupe électrogène tourne, la lumière est allumée, le radian chauffe à fond les ballons, le pain gonfle tranquillement,…et tout ça avec une bière à la main! Pas de doutes, les choses ont bien changé !

Mais finalement, qu’importe le support matériel dont on dispose. Ce qui compte c’est l’importance qu’on accorde aux choses qui nous entourent. De les vivre avec intensité.

20 juil. 2010

Manip Popchat à Ratmanoff

En mars dernier, je réalisais le tour de la Péninsule Courbet. C’était pour moi l’occasion de faire mes premières rencontres avec les Grands Albatros, otaries, Gorfous macaroni et la colonie de Manchots royaux de Ratmanoff.


cabane du Guetteur

4 mois se sont écoulés, et le temps a fait son travail. La semaine dernière, c’est un décor et une faune tout à fait différents que j’ai pu redécouvrir. Et c’est sans doute là l’un des charmes de Kerguelen. Il est impossible de ressentir une quelconque lassitude puisque les choses sont continuellement en mouvement.

Les poussins de Grand Albatros, encore dans l’œuf en mars, sont désormais de grosses peluches blanches dont le duvet épais ondule sous l’impulsion du vent. Impassibles, installés sur leurs nids, ils regardent passer les marcheurs que nous sommes du coin de l’œil.

Les otaries et éléphants de mer, encore nombreux sur la côte lors du dernier transit, ont presque tous déserté les plages pour aller se nourrir en mer.

Du cadavre de la baleine à bosse, il ne reste plus que les ossements et quelques lambeaux de graisse.

Et que dire de Ratmanoff ? J’y avais découvert, non sans émotion, la colonie de Manchot royal. A l’époque, certains adultes couvaient leur œuf tandis que d’autres tenaient au chaud, posés sur leurs pattes, leur poussin aux allures de E.T. Les choses ont bien changé ! Et les petits extraterrestres ont grandi. Trop gros pour pouvoir se blottir sous le repli dermique des adultes, ils se sont émancipés. La colonie prend alors tout son sens. Car les poussins sont encore sujets à une grosse pression de prédation. Les Pétrels géants ne sont jamais bien loin et ils veillent d’un œil intéressé le mouvement des petits. Malheur à celui qui, un peu trop intrépide, s’éloigne du groupe. J’ai eu la chance et l’effroi d’assister à une de ces scènes d’une violente beauté. Bien entendu, étant hors de question d’agir, je me suis contenté d’observer le spectacle parfois impitoyable de la Nature. Ceci dit, afin de limiter la casse et pour se tenir chaud, les poussins sont réunis en crèches, elles-mêmes protégées par les adultes. Les boules duveteuses, à la démarche et à la posture des plus comiques, attendent avec impatience le retour de leurs parents pour être nourris. La reconnaissance entre les adultes et leur progéniture se fait par le chant. De jour comme de nuit, il règne donc à Ratmanoff une ambiance sonore continue qui s’harmonise parfaitement avec le spectacle visuel que nous offre la colonie.

Poussins réunis en crèche

Adulte et son poussin

Le paysage a quant à lui revêtu sa tenue hivernale. Les souilles s’affermissent. Les ruisseaux et étangs se pétrifient. Et la neige vient parfois s’étaler, telle une toison blanche, à la surface de ce sol gelé. Les sons sont feutrés et l’espace de quelques heures je me sens projeté dans La Marche de l’Empereur. Alors que j’observe et photographie, j’ai conscience que jamais plus je ne reverrai ce tableau vivant. Que ces images, d’une incroyable intensité, presque irrationnelles, font de cet instant un instant magique et inoubliable. Mais surtout, je réalise que cette vision, qui s’inscrit pourtant dans une fraction infime de ma vie, s’est ancrée en moi et continuera de m’influencer. Kerguelen, voyage à l’autre bout du monde ; voyage intérieur. C’est peut être bien ça le Syndrôme de Kerguelen.

Léopard de mer

Festin des Pétrels géants

Dans ce monde en constante évolution, seul l’océan et le vent continuent d’agir, écartés de toute contrainte temporelle. Les vagues déferlent sur la plage. Les vents dominants, quant à eux, brasent l’air dans le sens opposé. Il en résulte un affrontement permanent où chacun tente de dominer l’autre. Les vagues s’écrasent en formant de magnifiques rouleaux, et le vent rejette les embruns en arrière telle une traîne. Voilà un mariage hors du commun !

vol de canards d'Eaton au crépuscule

Vous allez finir par croire que je suis allé à Ratmanoff pour faire du tourisme ! Ce n’était pas le cas. Avec Lise, nous accompagnions Léo, le Popchat, pour l’aider dans son travail.

Mais que vient faire un Popchat dans cette histoire ?

Il faut savoir que quand l’Homme a débarqué sur l’archipel, il est venu accompagné. D’après les historiques, il semblerait que 3 ou 4 chats domestiques ont eux aussi mis pied à terre. Chats qui sont retourné à la vie sauvage et qui n’ont pas manqué de batifoler entre eux ! Ils sont aujourd’hui entre 6000 et 7000 individus. Cette introduction est bien évidemment un désastre pour l’avifaune autochtone. Mais aussi étonnant que cela puisse paraître, le Chat a quand même su prendre sa place dans l’écosystème et un nouvel équilibre s’est créé. Il permet entre autre de réguler la population de lapins qui sont friands…des Choux de Kerguelen et qui favorisent l’érosion des sols ! Eradiquer le Chat serait certes une très bonne solution pour limiter la prédation sur l’avifaune mais en parallèle, c’est la flore autochtone qui risquerait de prendre un sacré coup dans l’aile. C’est quand même bien fait la nature !

Le travail du Popchat consiste à étudier les populations établies sur 5 sites : Sourcils Noirs, Port Jeanne d’Arc, Port aux Français, Port Couvreux et Ratmanoff. Chaque site dispose d’un transect le long duquel Léo observe la présence de chats. Ca permet d’avoir une estimation de leur effectif. Il lui incombe également de réaliser des sessions de capture afin de pouvoir effectuer de la biométrie après quoi le chat est systématiquement relâché.

Un travail très intéressant mais aussi très physique. Entre la pause des pièges (qui font leur poids), les multiples allers-retours pour la relève de ces mêmes pièges, le transect à parcourir plusieurs fois par semaine,…c’est une manip pour le moins fatigante.

13 juin 2010

Tour Courbet ouest

8 juin 2010, bientôt 6 mois que j’ai quitté la métropole.

Depuis mon arrivée, j’essaie d’arpenter au maximum ce bout de terre égaré. Et pourtant, Kerguelen ne cesse de me rappeler que l’étonnement et la découverte ne sont pas une question d’âge. L’œil est constamment sollicité. Petit à petit, l’île dévoile son intimité qui me semble désormais sans limites. Et c’est toujours avec ce sentiment d’être un privilégié que je continue et continuerai à saisir cette chance. La chance de pouvoir observer, écouter, sentir, s’émerveiller et évoluer dans cette Nature face à laquelle je ne peux être que le spectateur.

C’est en tout cas ce que m’ont encore montré ces 5 jours de randonnée sur Courbet Ouest. A moins de deux jours de marche de la base, le contraste avec tout ce qui nous raccorde à la société n’en est que plus flagrant.

Jeudi 3 juin 2010.

Il est 7h30, le jour se lève à peine. Nous sommes quatre à prendre la route : Pierrick et Alexis (les 2 ornithos), Matthieu (Gener = VAT chargé de la logistique IPEV) et moi.

Le ciel est dégagé. Le vent est faible. Autant dire des conditions climatiques hivernales presque inespérées pour ce premier jour de transit vers Studer.

Alors que mes 3 compagnons le découvrent pour la première fois, j’entame mon troisième pèlerinage vers ce site dont j’ai déjà fait l’éloge.

A moins de 4h de marche de la base, les visiteurs ne sont pourtant pas très nombreux. Ces derniers s’arrêtant en général à la cabane de Jacky (à mi chemin). L’entrée du Val n’est pourtant pas à plus de 10min de marche et offre une vue qui vaut largement ce petit effort supplémentaire.

En ce qui nous concerne, Jacky ne sera ni plus ni moins qu’un prétexte pour une pause café avant de nous engager pour 2h de marche dans le Val Studer.

Baigné dans une lumière rasante, les contrastes s’accentuent et les couleurs se font plus vives. Sur notre droite et notre gauche, s’érigent deux barrières rocheuses où s’écoulent nombre de cascades. Scintillantes sous l’effet du soleil, c’est la roche elle-même qui semble briller. Une nappe de nuage bas flotte au dessus du lac principal à côté duquel est installée la cabane. J’ai l’étrange sensation d’être dans un songe, d’évoluer dans un rêve. Le décor est pourtant tout ce qu’il y a de plus réel.

arrivée à Studer

Arrivés à la cabane, il nous reste 2 heures avant que la nuit tombe (vers 17h). Avec Alexis, nous décidons de nous rendre à la Grande Cascade qui se trouve à 15 min de notre refuge. Enclavée dans la roche, elle est presque invisible depuis le val. Il faut s’enfoncer dans une gorge étroite de près de 200m de haut pour l’apercevoir. Le bruit est fracassant. L’eau chute et s’évapore avant même de toucher de sol. Les embruns nous arrosent. J’ai l’impression d’être au bout du monde…mais est-ce seulement une impression ?

Vendredi 4 juin 2010.

Baie Charrier est à environ 7h de marche de Studer. Les journées étant de plus en plus courtes, il nous faut prendre la route le plus tôt possible pour être sûr de rallier notre destination avant la nuit.

Les prévisions météo de la veille s’annoncent moins engageantes : chutes de neige et un vent d’Ouest pouvant atteindre plus de 70 nœuds en fin de journée. Or de question de s’attarder pendant le transit.

Nous quittons donc la cabane de Studer et commençons à remonter la vallée de rivière du Sud. Fort heureusement, nous sommes abrités du vent par les reliefs alentours et la première heure de marche se fait même sous un ciel bien dégagé.

Mais tout d’un coup, l’atmosphère s’assombrit. Les massifs qui nous font face commencent à s’estomper puis à disparaître. Il est temps de fermer les vestes, d’enfiler les masques et de mettre les capuches. Car c’est un véritable rideau de neige qui commence à s’abattre sur nous. Ces averses sont de courte durée et nous finissons par atteindre le Lac Margot sous une belle éclaircie. Le Mont Moseley s’érige devant nous à près de 730m d’altitude. La vallée dans laquelle s’écoulé la rivière du Nord est recouverte d’une pellicule blanche qui contraste avec la couleur sombre de la roche volcanique et des nuages. C’est un paysage en Noir&Blanc que nous observons.

La traversée de la vallée pour rejoindre le col qui conduit à la Rivière des Chasseurs (et un peu plus loin à Baie Charrier) s’avère difficile. La neige est de nouveau parmi nous. Le vent s’engouffre dans le val et balaie tout. Par moment, il nous est impossible de voir à plus de 3m. Nous sommes dans le blizzard…

Les épisodes ne durent guère plus de 15min et les accalmies ensoleillées sont nombreuses. Nous franchissons le col. A l’horizon, l’Océan se profile. Nous approchons du but !

Afin de nous affranchir d’une marche dans les souilles de la rivière des Chasseurs, nous décidons de descendre jusqu’à Baie Charrier par le Plateau de Sauveterre. Encore deux ou trois épisode de blizzard et le ciel se dégage définitivement. Depuis les hauteurs du plateau, nous avons une vue grandiose sur la rivière des Chasseurs, son embouchure, la baie, le Mt Moseley et le Plateau Méjean.

Baie Charrier

Vers 15h, nous arrivons à la cabane de Baie Charrier. Très peu fréquentée, elle garde les séquelles du temps et des intempéries. Nous sommes bien loin du confort de la cabane de Studer. Pas de radian et trois matelas pour 4…mais une chaleur humaine réconfortante et la sensation si agréable de vivre des moments inoubliables.

Samedi 5 juin 2010.

Après une nuit passée entre les ornithos, nous quittons Baie Charrier sous un soleil radieux pour rejoindre la Baie des Cascades et la cabane de Rivière du Nord.

Baie Charrier depuis le plateau Méjean

La journée commence par une petite promenade matinale sur la plage où Papous et Eléphants de mer ont élu domicile. Un peu plus loin dans la vallée, nous apercevons deux Rennes. Mais une belle montée jusqu’au Plateau Méjean nous attend. Un dernier coup d’œil en contre plongée à ce coin de paradis qu’est Baie Charrier puis nous faisons cap vers la Table de Diomède. Et au passage d’une crête, une superbe surprise s’offre à nous. Devant nous, s’étale le nord de la Péninsule Courbet. Il m’est ainsi possible de retracer une partie de la marche que j’avais faite il y a déjà un peu plus de deux mois avec Maurice et Laurence. Cataractes, Cap Cotter, Mont Campbell, Colline de l’Azorelle, lac Marville…autant de lieux qui m’évoquent bien plus que de simples noms !

péninsule Courbet depuis le Plateau Méjean

Au fur et à mesure que nous avançons, la Baie des Cascades et le Cirque Moseley se dévoilent. A l’abri du vent, l’eau de la profonde baie est tel un miroir.

Cirque Moseley

Baie des Cascades

Nous sommes accueillis par les Eléphants de mer, les Papous et les Manchots royaux…comme si le paysage ne suffisait pas ?

Situés à l’embouchure de Rivière du Nord, la cabane est constituée de deux petits modules rouges bien plus récents qu’à Baie Charrier. Néanmoins, un des deux modules ayant perdu son plancher lors de la dépose en hélicoptère, un seul est « souris proof » et habitable ! Le second servant uniquement de lieu de stockage. Le temps d’une soirée et d’une nuit, nous cohabitons donc à 4 dans ce cube de 2m de côté. Pas besoin de radian dans ces conditions (de toute façon lui aussi a été perdu en même temps que le plancher…). Par ailleurs, notre ami Gener avait oublié de nous dire que la cabane n’avait pas de matelas. C’est donc à même le sol que nous avons passé la nuit ! Merci Géner….

embouchure de Rivière du Nord

Dimanche 6 juin 2010.

Finalement, la nuit n’aura pas été si mauvaise que ça ! Certes, ce n’est pas sans douleurs au dos que nous reprenons notre périple, mais la beauté de la vallée de Rivière du Nord et du Mt Moseley nous font rapidement oublier ces désagréments d’ordre physique.

Mont Moseley

Rivière du Nord

Alors que nous évoluons dans ce paysage vierge de toute présence humaine, la pluie, le brouillard et le vent viennent bientôt nous rappeler que nous sommes à Kerguelen et qu’il faut savoir composer avec la météo !

Il nous est difficile de voir ce qui nous entoure. Chacun se branche donc sur le mode « marche automatique ». Ainsi déconnectés de toute réalité, qu’elle soit physique, visuelle ou temporelle, nous marchons d’un bon pas pour rentrer sur Studer.

Au bout de 5h, nous retrouvons la cabane. Que dis-je ?…le palais de Studer : 3 radians, 6 couchages, une épicerie, des WC, une table et des chaises, une cuisine,…

Histoire de se faire pardonner de ne pas nous avoir prévenu de prendre des tapis de sol pour la veille, Matthieu décide de nous préparer des Calzone ! Et autant dire qu’après 4 jours de marche, ces dernières sont accueillies comme il se doit par nos estomacs ! En voilà un qui sait se faire pardonner !

Lundi 7 juin 2010.

Les meilleures choses ont une fin et il est déjà temps de rentrer sur base. Le transit n’étant pas bien long, nous profitons du confort des matelas de Studer pour faire une grasse matinée.

Il est presque 11h quand nous fermons les portes de la cabane.

Histoire de varier un peu, nous décidons de nous rendre à Jacky en passant par le Plateau du Tussok. Depuis la crête, il nous est possible d’avoir une vue panoramique sur le Val Studer, Rivière du Sud, Mt Crozier et Montagne Verte (deux sommets réalisables depuis Studer et que je ne manquerai pas de faire pendant l’été !). Et le ciel étant clair, il nous est possible d’apercevoir la base, Isthme Bas et une partie du Golf…encore et toujours des vues qui se passent de commentaires !

Val Studer depuis le Plateau du Tussok

Nous arrivons sur base vers 16h. Et comme d’habitude, malgré la déception de retrouver ce milieu anthropisé, le plaisir de lire les mails, de prendre une douche et d’enfiler des vêtements propres…

Sur base, l’ambiance est aux préparatifs ! Car la Mid Winter (coutume de toutes les bases polaires et subpolaires mondiales) approche à grands pas (du 21 au 25 juin)…mais ça, ça sera l’objet d’un futur post…

17 mai 2010

les ornithobios

Enfin propre !

Les affaires sales sont dans la machine, le sac est débarrassé, les mails sont lus, les photos sont téléchargées.

Ne me reste plus qu’à écrire pour achever ce petit rituel de retour de manip...


Bonjour tout le monde.


Voici deux semaines que j’ai quitté PAF pour retrouver les îles du Golf. Après avoir crapahuté à Sourcil Noir et Phonolite, Lise et moi avons retrouvé cet environnement qui nous est plus familier. Les îles sont notre terrain de jeu favori et je ne me lasse pas d’arpenter celles sur lesquelles nous avons la chance de séjourner. Des points de vue différents, une faune et une flore particulière…c’est une nuance infinie d’ambiances qui s’offre à nous.

Lundi 26 avril,

c’est parti pour 4 jours sur Mayès accompagnés de nos acolytes d’ornithos (Alexis et Pierrick).

Nous avions déjà fait un passage furtif sur l’île il y a un peu plus d’un mois pour réaliser des lectures de transects. Transects à qui nous avons de nouveau rendu visite pour effectuer des mesures de profondeur de sol.

Le lendemain, en fin de matinée, nous avons fini notre travail. Nous en avons donc profité pour donner un coup de main aux ornithos qui réalisent sur l’île un suivi démographique de la population de Pétrel Bleu. Ces oiseaux nocturnes vivent dans des terriers. Environs 200 sont marqués et contrôlés d’année en année. Le principe de la manip est simple : repérer les terriers et vérifier s’ils sont occupés ou non. Dans des positions bien souvent tordues et inconfortables, nous enfonçons le bras pour tenter d’atteindre la chambre. Les Pétrels disposent d’un crochet au bout du bec ! La présence d’un oiseau dans la chambre ne fait donc aucun doute ! Ne reste plus qu’à le sortir du terrier, l’identifier par son numéro de bague, le baguer si ce n’est pas encore fait et réaliser de la biométrie. Les choses ne sont malheureusement pas toujours aussi simples qu’il n’y paraît...les terriers sont de vrais labyrinthes!


Pétrel bleu


Pétrel plongeur

Mercredi soir, le ciel est dégagé. Le vent est faible. C’est le moment ou jamais pour faire une session de capture au filet. Tendu sur une vingtaine de mètre devant une zone de terriers, le filet permet de piéger les Pétrels en vol. Toutes les 15 min, nous allons récupérer les oiseaux pris dans la maille et les plaçons dans une poche en tissu pour limiter le stress. De retour à la cabane, Pierrick et Alexis se chargent d’identifier et mesurer les individus capturés avant de les relâcher. Un fond de musique, des murmures, des mouvements légers,…tout est fait pour que l’ambiance dans la cabane soit la plus calme possible. Une soirée vraiment géniale.

Lise relâche un Pétrel bleu...

...puis c'est mon tour!

Mais Mayès ne se résume malheureusement pas uniquement à ses oiseaux. Les Souris ont littéralement envahi l’île. A la nuit tombée, elles sont des vingtaines devant la cabane. A peine effrayées par notre présence, elles n’hésitent pas à nous courir entre les jambes. Fort heureusement, la cabane est « étanche » et leur présence ne se limite qu’à l’extérieur et aux cloisons (j’étais à deux doigts d’appeler les forces de l’ordre pour tapage nocturne).


Vendredi 30 avril,

nous quittons Mayès pour Australia. A notre tour de faire bosser les Ornithos …Une heure de manip et nous voilà tout les 4 (les ornithobios pour l’occas) en week end ! Ca tombe bien car nous avions prévu un petit trek de deux jours sur l’île (la deuxième plus grande du Golf après Ile Longue).

Australia Sud

Première étape, la cabane d’Australia Nord située à environ 4h de marche de la cabane d’Australia Sud. La météo est excellente et nous en profitons pour faire un détour par les hauts plateaux. L’occasion d’admirer l’île voisine qui n’est ni plus ni moins que Mayès. Depuis les hauteurs, elle semble bien petite mais les ornithos (un peu bretons) ne peuvent s’empêcher de clamer sa grandeur ! Il faut quand même se rendre à l’évidence : il est vrai qu’Australia, malgré ses paysages de rêve, fait pâle figure en terme de faune…on ne peut pas tout avoir !

Les ornithos et Mayes...toute une histoire d'amour!

la team Ornithobio

Le lendemain, passage au Nord Ouest de l’île pour admirer les lacs puis ascension du Mont Cookii avant de retourner à la cabane du Sud.

Après deux jours de marche sous le soleil (chose de plus en plus rare) nous retrouvons des lits douillets des images plein la tête. Mais vers 1h, impossible de fermer l’œil. Je m’étonne même à ressortir et finir mon bouquin (petite pub en passant pour La Princesse des glaces de Camilla Läckberg…super ! merci les amis). Je ne suis pas le seul à ne pas trouver le sommeil…


Lundi 03 mai,

Alors que nous faisons route en chaland vers Mayès pour y redéposer les ornithos, nous apprenons qu’il y a eu une grosse aurore australe dans la nuit…vers 1h du matin ! Or, les aurores provoquent des anomalies magnétiques ! Il ne nous en faut pas plus pour comprendre la raison de nos insomnies ! Morale de l’histoire : la prochaine fois que je n’arrive plus à dormir, d’abord aller jeter un œil dehors avant de se plonger dans un livre (merci les amis ! j’ai loupé une aurore ! lol).

Après une semaine passée en compagnie de nos amis ornithos, il est temps pour Lise et moi de retrouver la quiétude de notre binôme. Mais c’est sans compter sur les Choux et Azorelles de Ile Verte ! Ces derniers s’impatientent depuis janvier que nous leur rendions de nouveau visite !

Presqu'île Ronarch depuis la cabane de Verte...ma vue préférée!

Nous passons 4 jours assis, à genoux, à 4 pattes, courbés, allongés,…en fait n’importe quelle position qui permet d’avoir la tête au ras du sol…pour mesurer les Choux et Azorelles marqués.

Bien évidemment il nous faut composer avec la météo :

10h01, soleil sans vent.

10h15, pluie.

10h26, le vent s’est levé.

10h27, on se croit de nouveau en été.

10h33 on est en plein blizzard !

En 32 minutes, voilà les quatre saisons qui se sont succédées ! De quoi rendre chèvre une grenouille !

Heureusement, nos vêtements de terrain nous permettent de faire face à toute sorte d’intempérie. Et puis on finit par acquérir certains automatismes. Par exemple, quand on est à 4 pattes, toujours présenter le postérieur face au vent ! Primo, ça permet de protéger le visage de la grêle, les fesses étant beaucoup moins sensibles. Secundo, ça évite de faire du papier mâché avec les feuilles de manip !

Ile Suhm

Ecrit dans la nuit du 3 au 4 mai.

Ile Verte,

Dans la cabane, personne ne dort.

Lise s’est réfugiée dans un livre.

Je suis subjugué et hapé,

Fasciné et terrifié.


Il est 4h30.

Dissimulée par d’épais nuages, la Lune peine à éclairer la scène.

Dehors, tout est de gris.

De cette masse monochrome émergent des halots blanchâtres.

A folle allure, des ondes fantomatiques flottent, se déplacent et glissent à la surface de l’eau.


Le lit tremble,

La cabane vibre,

Ile Verte toute entière semble gronder.


L’air déferle sur notre abri.

Le bois craque.

Les murs grincent.


A ce stade,

Le tout n’est pas de savoir si la cabane a déjà affronté de telles forces,

Mais de savoir si elle peut résister à nouveau.


Car dehors,

Le vent souffle

Et la tempête fait rage.

A la VAC du lendemain, nous avons appris que dans la nuit le vent a soufflé à environ 150km/h de moyenne. Des rafales à 218km/h ont été enregistrées à proximité de la base (il y a eu quelques dégâts matériels).

Sur Ile Verte, il était hors de question de sortir un anémomètre à la main ! Nous ne saurons donc jamais à combien le vent a soufflé. Tout ce que je peux vous dire, c’est que Lise et moi en avions des crampes d’estomac tellement s’était flippant. Mais la cabane a tenu bon…merci l’IPEV de nous faire des abris aussi solides.

Sur ces bonnes paroles, je vous souhaite bon vent à tous.

18 avr. 2010

Sourcils Noirs et Phonolite

6h20 du matin, je n’arrive plus à trouver le sommeil. Donc plutôt que de tourner en rond dans mon lit, je me suis dis « Tiens, je vais écrire un mail ! ».

Mais qu’est ce que je fais réveillé à cette heure un dimanche ?

Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas devenu insomniaque. C’est juste que l’hiver a fait son grand retour. Résultat des courses, avec la chute des températures, nos petites amies les Souris font leur grand retour dans les bâtiments.

Hier déjà, une d’entre elle a eu l’audace de farfouiller toute la journée dans ma poubelle et même de monter sur mon lit ! J’ai installé un piège et dans la soirée j’ai entendu le « clic » de la porte métallique qui se refermait. Et de une !

Et voilà que dans la nuit une seconde souris a fait irruption dans ma chambre. Elle a passé la nuit à se promener à droite à gauche. Vers 6h, tout chavire ! Je réalise que la gloutonne est dans ma cantine. Je l’imagine en train de se goinfrer de mes Crackers Manaco ! Il ne m’en faut pas plus pour passer à l’acte ! La pauvre est prise au piège…et je me transforme en bourreau à 6h15 du matin…une journée qui commence de façon bien étrange !

Demain, Lise et moi quittons à nouveau la base pour nous rendre 5 jours sur Guillou. Il est temps pour nous de reprendre notre boulot d’Ecobio et de nous recourber dans les plantes. Après l’OP, nous avions en effet décidé de nous accorder quelques jours de off afin de pouvoir accompagner Alexis et Pierrick (les deux VATs ornithos) pour une de leur manip à Sourcils Noirs. Au programme, baguage des jeunes d’Albatros fuligineux et d’Albatros sourcils noirs avant envol pour le suivi démographique des deux espèces. Il était également prévu de poser des petites balises Argos sur 5 jeunes Albatros fuligineux afin d’en savoir un peu plus sur leurs déplacements.

Jeudi 8 avril, le chaland nous dépose tout les 4 au Halage situé entre la presqu’île Ronarch et la péninsule Jeanne d’Arc. La météo n’est pas des plus engageantes mais la pluie ne nous fait plus peur. Et c’est parti pour 3h30 de marche pour arriver à la cabane de Sourcils Noirs. Pas le temps de se chauffer les cuisses qu’il faut déjà avaler 400m de dénivelé dès le départ. Le plafond nuageux est bas et nous sommes vite la tête dans le brouillard. Le vent se lève…pas de doute, nous avons atteint le plateau des Hauts du Hurle Vent. Avec un nom aussi évocateur, on peut s’estimer heureux d’avoir eu le vent de dos ! Une fois sur le plateau, le ciel finit par se dégager et nous apercevons déjà le canyon au fond duquel est installée la cabane. Au loin, sur notre droite, nous distinguons le haut des falaises abruptes de Baie de la Pic. Après 1h30 de marche sur le plateau nous nous engouffrons dans les gorges. Plus que 20 min de descente et nous voilà arrivés à la cabane.

Blotti au fond d’un canyon, à l’affluence de deux torrents, le chalet a fière allure.

Cabane de Sourcils Noirs

Dès le lendemain matin, nous débutons la manip ornitho. Les sites d’étude étant principalement sur la côte, il nous faut quotidiennement remonter sur le plateau situé au Sud du canyon puis redescendre la falaise pour accéder à la zone de nidification. Le spectacle est tout simplement hallucinant.

La colonie de Sourcils Noirs semble comme accrochée à la falaise. Les adultes ont quitté le nid mais certains d’entre eux survolent encore la zone, profitant des courants aériens, pour venir nourrir leur petit. Les jeunes, déjà aussi gros que les parents finissent de perdre leur duvet et exhibent leur beau plumage d’adolescents. Pour le moment, ils se contentent juste de battre des ailes pour se muscler. Mais bientôt il sera temps pour eux de prendre leur envol. Une envie de liberté flotte au dessus de la colonie.

Sourcil noir (juvénile)

Les Sourcils Noirs ne sont pas les seuls locataires de ces falaises. Les Gorfous macaroni ont eu aussi pris possession des lieux. Beaucoup plus bruyants que les Albatros, ils sont revenus en couple pour muer. Très territoriaux, ils n’hésitent pas à se prendre le bec (je comprend mieux l’expression maintenant) et à se boxer à coups d’ailerons. Ainsi, chaque couple est séparé de ses voisins d’une distance qui équivaut à la taille d’un aileron. Du coup, malgré le bazar auditif, la colonie de Macaronis est très bien structurée au niveau visuel.

Gorfous macaroni

Les Albatros fuligineux sont les plus discrets. Les nids sont situés à l’écart au pied de petites parois rocheuses humides. J’avais déjà eu l’occasion de croiser ces poussins masqués sur Ile Haute et à Cap Cotter. Le temps s’est écoulé et leur physionomie a bien changé. Le gros duvet gris a presque disparu et le masque blanc s’est estompé. Ca ne me rajeunit pas tout ça !

Pour les manips, nous décidons de nous séparer en deux équipes : 1 Ornitho + 1 Ecobio. Pour limiter l’effet manipeur dans les mesures, Pierrick et Alexis se chargent du baguage et des mesures biométriques (longueur du bec, de l’aile, poids, hauteur du crochet). Et l’Ecobio dans tout ça, il fait quoi ? J’ai envie de vous répondre : « il se fait vomir dessus ! ». Nous étions en charge de saisir le poussin par le bec et de le maintenir, ailes plaquées le log du corps, pour permettre aux ornithos de faire leur boulot.

Le fait de devoir les manipuler n’est pas sans désagréments pour les oiseaux. Ils sont plus ou moins stressés d’un individu à l’autre. Vomir constitue une réponse au stress ! Autant dire qu’à la fin de la manip, nous dégagions une « légère » odeur !

Lundi 12, Alexis et Pierrick finissent de poser les deux dernières balises Argos en fin de matinée. Nous avalons un casse croûte au soleil et profitons un dernier instant du spectacle de la colonie.

Le beau temps se maintient et nous décidons d’aller jusqu’à la baie de la Pic. Je découvre alors Kerguelen sous une facette qui m’était encore inconnue. La baie porte bien son nom. Nous marchons au sommet de falaises abruptes d’environ 400m de hauteur. La verticalité est telle qu’on a peine à se rendre compte de la distance qui nous sépare de la mer.

La côte est découpée et je comprends alors pourquoi les premiers navigateurs ont surnommé Kerguelen « Ile de la Désolation ». Depuis la mer, il est tout simplement impossible d’envisager de mettre le pied à terre. Kerguelen donne une image d’île vierge, sauvage, minérale et inaccessible. Les falaises s’érigent telles une barrière dans l’immensité de l’Océan Indien. L’Homme n’est que peu de chose.

Mercredi 14, nous quittons la cabane de Sourcils Noirs pour nous rendre à Phonolite, sur la presqu’île Ronarch.

Le plateau des Hauts du Hurle Vent est bien différent d’à l’aller. La neige a fait son apparition et lui donne une toute autre allure. Quel bonheur de marcher dans cette ambiance nordique, de voir les choux et l’acaena recouverts d’un manteau blanc immaculé.

Plateau des Hauts du Hurle Vent sous la neige

Acaena et Poa Cookii sous un manteau blanc

Vers 14h, nous arrivons enfin à la cabane de Phonolite. Située au pied de la Tête d’Homme, massif de Phonolite (roche volcanique verte), elle bénéficie d’une vue imprenable sur la vallée de Phonolite, sur le Mont Rouge et sur le Mont Wiville Thomson.

cabane de Phonolite

Jeudi 15, faute de temps pour pouvoir réaliser une excursion jusqu’à la rivière des Macaronis et la Muraille de Chine (à l’est de Ronarch), nous décidons de remonter la vallée de Phonolite jusqu’au Bastillon avant de remonter au col situé derrière le Mont Rouge. A 500m d’altitude, nous avons l’impression d’être en haute montagne. Le vent est froid mais le spectacle en vaut vraiment la peine.

Vendredi 16, c’est l’heure de rentrer sur base et de quitter ce havre de paix. Promis, je reviendrai pour tenter l’ascension du Mont Wiville (900m) et faire un saut à l’Est de Ronarch. Mais comme l’hiver fait royalement son entrée il faudra sans doute attendre le printemps !